Propre et sans fluor, le papier ingraissable est un produit fibreux que de nombreuses papeteries savent repulper : il est donc recyclable en principe. Un papier usagé, chargé de graisse et de résidus alimentaires, est un autre cas : la plupart des collectes de papier des ménages le refusent. Le PE, la cire, le silicone et l'aluminium compliquent encore le recyclage, et « compostable » ne s'applique qu'aux qualités certifiées comme telles. La question intéresse deux publics à la fois : le personnel, à qui les clients demandent dans quelle poubelle jeter le papier du burger, et l'équipe marketing, qui voudrait imprimer « recyclable » ou « compostable » sur la prochaine commande. Ce guide compare chaque matériau d'emballage, puis présente les principales règles par marché et ce qui peut figurer sans risque sur un papier imprimé. Pour les matériaux et les options d'impression, consultez notre page sur le papier ingraissable personnalisé imprimé.
Le papier ingraissable est-il recyclable dans le bac à papier ?
Un papier ingraissable propre, sans composés fluorés, sans plastique ni cire, est en général repulpable : les chutes et les feuilles non utilisées peuvent donc le plus souvent être recyclées. Il en va autrement des papiers usagés : la plupart des dispositifs locaux en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis demandent que le papier souillé par des aliments soit jeté avec les biodéchets ou les déchets résiduels plutôt que dans la collecte du papier.
Deux éléments déterminent le résultat :
- La contamination. Les graisses et les résidus alimentaires dégradent la qualité des fibres et peuvent provoquer des taches et des odeurs dans le papier recyclé. Les papeteries tolèrent une certaine contamination, mais les consignes municipales recommandent généralement, par prudence, de ne pas mettre le papier gras dans le bac à papier.
- La composition de la feuille. Le papier ingraissable est fabriqué à partir de fibres fortement raffinées, et sa densité peut allonger le temps de désintégration dans le pulpeur par rapport à un papier ordinaire. Les papeteries gèrent ce point dans des lots mélangés, mais ce sont les couches barrière (PE, cire, silicone, aluminium) qui conduisent réellement au rejet.
Les règles locales varient selon les collectivités : une enseigne présente dans plusieurs pays trouvera donc des consignes différentes pour un même papier d'emballage. C'est l'une des raisons d'éviter les allégations absolues à l'impression.
Quels papiers d'emballage se recyclent le mieux ?
Les papiers ingraissables sans fluor et de nombreux papiers couchés en dispersion présentent le meilleur profil de fin de vie parmi les matériaux d'emballage. Viennent ensuite, de plus en plus difficiles à recycler, les papiers complexés PE, cirés, siliconés et aluminium, et seules certaines qualités certifiées sont compostables.
| Matériau d'emballage | Matériau propre : recyclage papier | Papier usagé : filière habituelle | Compostage industriel | Compostage domestique |
|---|---|---|---|---|
| Papier ingraissable proprement dit, sans fluor | Généralement repulpable | Biodéchets ou déchets résiduels, selon les règles locales | Possible si la qualité (encres comprises) est certifiée selon EN 13432 ou ASTM D6400/D6868 | Uniquement avec un certificat de compostage domestique, tel que OK compost HOME |
| Résistant aux graisses, avec couchage en dispersion aqueuse | Souvent conçu pour être repulpé ; selon le couchage | Idem | Selon le couchage et la certification | Selon le couchage et la certification |
| Papier complexé PE | Papeteries spécialisées capables de séparer fibres et plastique | Déchets résiduels dans la plupart des systèmes | Non compostable (PE conventionnel) | Non |
| Papier traiteur ciré (enduit de cire) | La cire perturbe le repulpage dans de nombreuses papeteries | Déchets résiduels | Selon le type de cire ; qualités à base de paraffine rarement certifiées | Rarement |
| Papier cuisson siliconé | Généralement non accepté | Déchets résiduels | Certaines qualités sont certifiées | Certaines qualités sont certifiées |
| Papier aluminium et papier isolant alvéolé | Ne convient pas au recyclage papier | Déchets résiduels | Non | Non |
Papiers ingraissables et papiers couchés en dispersion aqueuse
Ces matériaux sont les plus susceptibles de répondre aux futurs critères de recyclabilité, à condition que la barrière soit sans fluor et que le couchage soit conçu pour se disperser dans le pulpeur. La recyclabilité du papier est de plus en plus évaluée par des méthodes de laboratoire normalisées, comme la méthode PTS utilisée en Allemagne et la méthode harmonisée publiée par l'association européenne de l'industrie papetière (Cepi). Demandez à vos fournisseurs si la qualité concernée a été testée et quelle classe ou quel résultat elle a obtenu.
Papiers complexés PE
Une couche de polyéthylène assure une excellente tenue aux graisses et à l'humidité, mais elle transforme le papier en complexe papier-plastique. Certaines papeteries séparent les fibres et orientent le plastique vers la valorisation matière ou énergétique, mais la collecte des ménages n'y achemine que rarement ces papiers. Selon la directive (UE) 2019/904 relative aux plastiques à usage unique (directive SUP) et les lignes directrices de la Commission de 2021, un papier avec enduction plastique est considéré comme contenant du plastique, ce qui place ces papiers d'emballage sous la responsabilité élargie du producteur (REP) prévue pour les paquets et enveloppes. En Allemagne, cela inclut la redevance au fonds pour les plastiques à usage unique, expliquée dans notre guide sur la conformité des emballages en Allemagne et en Autriche. Au titre du PPWR, la note d'orientation de la Commission du 5 juin 2026 (C(2026) 3702), qui n'est pas juridiquement contraignante, considère les emballages à base de papier contenant 5 % ou plus de plastique comme des emballages plastiques à usage unique. La restriction de l'annexe V applicable à partir du 1er janvier 2030 aux emballages plastiques à usage unique pour les aliments consommés sur place dans les établissements de restauration (HORECA) peut donc concerner l'utilisation sur place des papiers enduits PE.
Cire, silicone et aluminium
La cire et le silicone sont des couches fonctionnelles utiles pour les rayons traiteur et les fours, mais aucun des deux n'est bienvenu dans la plupart des filières de recyclage du papier. Les complexes aluminium associent aluminium et papier d'une façon que les papeteries ne savent pas séparer facilement. Si ces matériaux sont utilisés, la fin de vie réaliste est celle des déchets résiduels, sauf s'il existe une filière de compostage certifiée précise.
Le papier ingraissable est-il compostable ?
Le papier ingraissable à base de fibres est par nature biodégradable, mais « compostable » est une allégation certifiée, et non une propriété du matériau. Un papier d'emballage ne peut être qualifié de compostable que si la qualité précise, encres et éventuelle enduction comprises, est certifiée selon une norme reconnue, comme EN 13432 en Europe ou ASTM D6400/D6868 aux États-Unis.
Points clés par norme et par marché :
- EN 13432 couvre le compostage industriel. Elle porte sur la désintégration, la biodégradation, l'écotoxicité et des limites pour certains éléments : les papiers imprimés doivent donc utiliser des encres et des enductions qui satisfont aussi aux exigences.
- Pour le compostage domestique, il n'existe pas de norme produit harmonisée dans l'UE pour les papiers d'emballage (EN 17427 ne s'applique qu'aux sacs). Les allégations de compostabilité domestique reposent sur des schémas de certification privés, comme OK compost HOME de TÜV Austria.
- Aux États-Unis, ASTM D6400 et D6868 couvrent la compostabilité industrielle, et la certification BPI exige un fluor organique total inférieur ou égal à 100 ppm. Plusieurs États, dont la Californie, l'État de Washington et le Colorado, réglementent aussi l'étiquetage des produits compostables.
- L'accès aux installations compte. Un papier d'emballage certifié compostable industriellement ne devient du compost que s'il parvient dans une installation qui l'accepte ; de nombreux systèmes municipaux de collecte des biodéchets n'acceptent pas les emballages.
Selon le PPWR, règlement (UE) 2025/40, seule une courte liste de types d'emballages doit être compostable, comme les sachets et dosettes de thé et de café et les étiquettes autocollantes pour fruits. Tous les autres, y compris les papiers d'emballage alimentaire, doivent être recyclables selon les classes de performance du PPWR à partir de 2030. Un papier d'emballage compostable ne permet donc pas de contourner les exigences de recyclabilité dans l'UE.
Pourquoi les PFAS posent problème au recyclage et au compostage
Les agents anti-graisse fluorés ne se dégradent ni au recyclage ni au compostage : les papiers traités avec ces produits transfèrent donc des PFAS dans les fibres recyclées et dans le compost. C'est l'une des raisons pour lesquelles le PPWR de l'UE, les lois de certains États américains et les organismes de certification du compostage les restreignent désormais.
Le PPWR limite les PFAS dans les emballages au contact des denrées alimentaires depuis le 12 août 2026, avec notamment un seuil de 50 ppm pour l'ensemble des PFAS, PFAS polymériques compris. Les États américains restreignent les PFAS ajoutés intentionnellement dans les emballages alimentaires, et la limite de 100 ppm de fluor organique total de BPI écarte les papiers fluorés des produits compostables certifiés. En matière de fin de vie, le point pratique est simple : un papier sans fluor est un préalable à toute allégation crédible de recyclabilité ou de compostabilité. La réglementation et les essais sont détaillés dans notre guide sur les emballages alimentaires sans PFAS.
Que change le PPWR à partir de 2030 ?
À partir du 1er janvier 2030, les emballages mis sur le marché de l'UE doivent atteindre la classe de performance de recyclabilité A, B ou C, avec des classes plus strictes à partir de 2038 et des exigences de « recyclage à grande échelle » à partir de 2035. Les critères de conception pour le recyclage de chaque catégorie d'emballages, y compris les papiers d'emballage, sont attendus d'ici 2028.
Tant que ces critères délégués ne sont pas publiés, personne ne peut dire avec certitude quelle classe chaque matériau obtiendra. On peut toutefois affirmer que les papiers d'emballage à base de fibres, avec des barrières sans fluor et repulpables, sont les mieux placés, alors que les complexes PE, cire, silicone et aluminium présentent davantage d'incertitudes. Les contributions REP seront modulées selon la classe de recyclabilité : le choix du matériau se retrouvera donc aussi dans le coût. Le cadre général est présenté dans notre guide PPWR : ce qu'il faut savoir pour acheter des emballages de restauration.
Comment la REP emballages britannique classe-t-elle le papier ingraissable ?
Dans le cadre de la REP emballages britannique (pEPR), le papier ingraissable, siliconé et ciré, y compris le papier sulfurisé et le papier cuisson, est classé rouge selon la méthodologie d'évaluation de la recyclabilité (RAM). À partir de l'exercice 2026/27, le rouge entraîne la contribution modulée la plus élevée pour le matériau concerné. Ce classement est une catégorie tarifaire pour les producteurs ; il ne détermine pas si une collectivité donnée accepte une feuille propre dans la collecte papier des ménages.
La RAM version 1.1 (gov.uk, mise à jour le 4 septembre 2025), applicable aux années de déclaration 2025 et 2026, range le papier ingraissable, siliconé ou ciré et le papier sulfurisé ou papier cuisson parmi les variantes de papier non collectées à grande échelle en porte-à-porte. Ils sont classés rouge, sauf s'ils sont collectés par un système de reprise qui répond aux exigences de preuve, auquel cas ils peuvent être orange. Le guide d'évaluation des matériaux RAM 2027 (publié le 20 août 2026), qui s'applique aux emballages fournis à partir du 1er janvier 2027, maintient le classement rouge au stade de la collecte et définit la catégorie plus précisément : emballages qui font appel à la densification des fibres, comme le papier ingraissable, ou à une couche de surface continue, telle qu'une enduction de cire ou de silicone. Les enductions en dispersion de cire et le silicone des étiquettes sans support sont exemptés de ce classement rouge ; les dispersions de cire constituent en revanche un déclencheur orange au stade de l'application.
Côté coûts, les contributions indicatives de l'année 2 publiées par PackUK (décembre 2025) pour le papier et le carton s'élèvent à 190 £ (vert), 210 £ (orange) et 250 £ (rouge) par tonne. Le rouge est fixé à 1,2 fois l'orange en 2026/27, puis à 1,6 fois en année 3 et à 2 fois en année 4 ; les montants définitifs n'avaient pas été publiés en octobre 2026. La contribution est à la charge du producteur britannique, généralement l'enseigne ou son importateur, et non d'un fabricant établi à l'étranger. Seuls les grands producteurs évaluent et paient, et uniquement pour les emballages ménagers, catégorie qui inclut normalement les papiers d'emballage à emporter.
Côté cahier des charges, un papier résistant aux graisses qui ne repose ni sur la densification des fibres ni sur une couche de cire ou de silicone peut être classé différemment, mais seulement s'il ne déclenche aucun autre critère de la RAM et s'il retient réellement les graisses de l'aliment concerné. Demandez à votre fournisseur de préciser comment la résistance aux graisses est obtenue, afin que l'évaluation retienne la bonne catégorie. Les règles complètes de la RAM et un exemple chiffré de contribution figurent dans notre guide sur la réglementation des emballages au Royaume-Uni.
Que peut-on imprimer sur un papier d'emballage à propos du recyclage ou du compostage ?
N'imprimez que des allégations que vous pouvez justifier pour le matériau précis et pour les marchés où le papier est utilisé, et nuancez-les lorsque les installations varient. À compter du 27 septembre 2026, les allégations environnementales génériques telles que « respectueux de l'environnement » ou « vert » sont interdites dans l'UE en l'absence de performance environnementale excellente reconnue, en vertu de la directive (UE) 2024/825.
| Marché | Principales règles sur les allégations | Conséquences pour un papier d'emballage imprimé |
|---|---|---|
| UE | Directive (UE) 2024/825 à compter du 27 septembre 2026 ; étiquettes de tri harmonisées du PPWR attendues à partir d'août 2028 au plus tôt, sous réserve d'un acte d'exécution | Éviter les allégations génériques ; fonder toute mention de durabilité sur un système de certification reconnu ; prévoir des modifications des fichiers d'impression pour les étiquettes de tri |
| Royaume-Uni | CMA Green Claims Code ; pouvoirs d'application du DMCC Act 2024 ; étiquetage obligatoire de la recyclabilité actuellement suspendu, OPRL facultatif | Les allégations doivent être exactes et nuancées ; « recyclable » sur un papier d'emballage souillé est risqué |
| États-Unis | FTC Green Guides (16 CFR 260) : une allégation « recyclable » sans réserve exige des installations accessibles à une majorité substantielle (60 %) des consommateurs ; la loi californienne SB 343 encadre les allégations de recyclabilité (application suspendue par une injonction préliminaire d'un tribunal fédéral depuis le 14 juillet 2026) | Privilégier les allégations nuancées ; l'étiquetage « compostable » doit respecter les lois des États |
Approches plus sûres pour les papiers d'emballage imprimés :
- Indiquer le matériau (« papier ingraissable sans fluor ») plutôt qu'un résultat de fin de vie
- Utiliser une consigne de tri adaptée au marché, par exemple en orientant les clients vers les biodéchets lorsqu'ils sont acceptés
- N'afficher un logo de compostabilité que si le produit imprimé est certifié et que la licence du logo le couvre
- Reporter les allégations sur la signalétique en magasin, et non sur le papier, lorsque les consignes diffèrent selon les sites
La formulation et la terminologie sont traitées en détail dans notre guide sur les allégations de recyclabilité, de compostabilité et de biodégradabilité des emballages.
Choisir un papier d'emballage en tenant compte de la fin de vie
Commencez par l'option fibreuse la plus légère qui convienne à l'aliment, et n'ajoutez des couches barrière que si un essai en conditions réelles montre qu'elles sont nécessaires. Pour la plupart des burgers, sandwichs et paniers, un papier ingraissable sans fluor ou un papier couché en dispersion repulpable suffit.
Guide de décision rapide :
- Aliments chauds et gras consommés peu après le service : papier ingraissable sans fluor, au bon format pour éviter l'excès de papier
- Aliments en sauce ou livraison plus longue : d'abord un papier couché en dispersion repulpable ; PE seulement si les essais montrent que c'est nécessaire
- Rayons traiteur et vitrines froides : papier ingraissable ou feuille résistante aux graisses sans cire lorsque la recyclabilité compte ; papier paraffiné à sec lorsque les sites américains sont équipés pour ce papier
- Cuisson au four : papier cuisson siliconé, en acceptant que les déchets résiduels soient sa fin de vie probable
- Maintien en température : aluminium ou papier isolant uniquement pour résoudre un problème précis de maintien au chaud
Réduire la quantité de matière est souvent le gain le plus important : adapter le format de la feuille à chaque produit, comme décrit dans notre guide sur les formats des papiers burger et des papiers pour paniers, réduit la consommation de papier à chaque commande. Pour les différences de matériaux qui sous-tendent ce tableau, voir notre comparatif papier ingraissable, papier sulfurisé, papier ciré et papier traiteur.
Étape suivante
Lorsque vous demandez des papiers d'emballage imprimés, indiquez les marchés d'utilisation et toute exigence de fin de vie (résultat d'essai de repulpabilité, certification de compostabilité, limite en fluor), et demandez les documents qui l'attestent. Utilisez le cahier des charges de la page papier ingraissable personnalisé imprimé ou envoyez-nous vos besoins pour étude.